La Flamboyante

Coucou les cons

Coucou les cons, c’est un compte Instagram créé par Juliette Katz a.k.a Coucou les girls qui publie tous les commentaires haineux qu’elle reçoit. Elle y dénonce cette violence souvent anonyme propre aux réseaux sociaux.

Les messages odieux 2.0 permettent un nouveau tournant des attaques verbales par la rapidité et la visibilité qu’offre Internet. C’est une catharsis déplorable qu’ont trouvé les malheureux mal dans leur peau. Pire encore, cette pratique s’ancre dans les conventions sociales des nouvelles générations qui trouvent cela presque normal et ne se rendent même plus compte que leurs messages peuvent détruire la personne visée.

Ne pas prendre en compte une violence car sa victime est invisible.

Au Québec a été votée en 2012 la Loi visant à prévenir et à combattre l’intimidation et la violence à l’école qui permet aux acteurs scolaires concernés ainsi que des partenaires d’intervenir même lorsque ces attaques digitales ont lieu en-dehors de l’établissement scolaire. Le problème ? Ces menaces ne sont pas encore réellement traitées car les jeunes concernés n’ont pas toujours le courage de témoigner et ainsi l’Assemblée nationale estime que le phénomène de l’intimidation dans le cyberespace « est parfois surévalué par les médias et la population ».

& en France on en est où côté législatif ?

En France, nous avons la Loi Avia contre la haine en ligne (qui a été adoptée mais pas votée). Elle prévoit à l’article 1 :« l’obligation pour les plateformes en ligne, de retirer en 24 heures des contenus litigieux qui leur sont signalés » […] « Le fait de ne pas respecter cette obligation sera puni d’amendes pouvant aller jusqu’à 1,25 millions d’euros. ».

La crainte concernant cette loi est que la censure soit globale et que les plateformes en ligne enlèvent des propos n’étant pas forcément litigieux pour éviter d’être toqués par l’État. Il y a l’idée d’un système de filtrage trop strict et donc un risque de limites techniques et de failles en leur donnant ce rôle au lieu de confier la casquette de police à l’entité judiciaire.

De plus, cela permet à l’État de faire énormément d’économies en ne s’investissant pas dans cette mission, c’est ce que relève un collectif féministe dans Libération le 21 janvier dans une tribune dénonçant cette loi qu’il qualifie de « Loi Cyberhaine ». Selon ce collectif, le risque est que cette loi sur-censure des propos même neutres. En effet : « Supprimer un contenu licite ne comportera aucun risque. Et cela ne gênera pas les plateformes, qui pratiquent déjà massivement la suppression, ou la limitation de la diffusion de contenus parfaitement légaux. »

En attendant, chacun fait son propre juge du cyberharcèlement, et la démarche adoptée par le compte « Coucou les cons » permet de mettre en lumière ces insultes quotidiennes et de soutenir les victimes de cyberharcèlement. Sa démarche est intéressante du fait qu’elle ne dénonce pas en utilisant ce même langage odieux ; les commentaires sont publiés sans description, parce qu’ils n’ont aucun fondement, ils polluent notre esprit comme des SPAMS non filtrés.

Le fait d’afficher publiquement toutes ces insultes est un des garde-fous trouvés par ce compte : minimiser leur impact sur notre moral et notre estime de nous-mêmes. C’est une mise en forme d’un véritable combat contre le cyberharcèlement, au même titre que tout type de violence.

Alors un grand MERCI Juliette Katz 🔥

Baptiste Ricard-Châtelain, Le règne de la violence dans les réseaux sociaux

Pablo Maillé, Pourquoi la loi contre la haine inquiète

Un collectif de personnalités et d’associations féministes, LGBTI et antiracistes, Féministes, LGBTI et antiracistes, nous ne voulons pas de la loi Cyberhaine


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